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LA CRISE DU LAIT.... CRISE DE L’AIN

Depuis un mois les agriculteurs de l’Ain luttent pour survivre.
Publié le jeudi 8 octobre 2009.


Depuis un mois, les producteurs laitiers luttent pour l’avenir de leur production. L’Ain à l’image de la Bretagne et de la Normandie mène des actions visant à mobiliser le plus de producteurs possibles afin de faire évoluer la Commission européenne sur ses décisions de dérèglementer la production. On sent bien l’objectif visé : mettre les petites entreprises de production dans la situation de disparaître (petit prix de vente) pour ne conserver que de grosses productions permettant ainsi de diminuer globalement les aides européennes.

Les revendications :
-  Diminuer les marges des laiteries industrielles. Actuellement, le prix d’achat aux producteurs est de 0.25€/litre. Il est revendu 1€/litre à la sortie.
-  Faire revenir en arrière la Commission Européenne sur sa décision de diminuer les quotas en 2015, ou du moins le remplacer par un système de régulation de la production permettant de maintenir un prix de vente rentables.

Les partis en présence :
-  D’un coté les producteurs de Lait de l’Association des Producteurs de Lait Indépendant (APLI, délégués départementaux : Gilles Dutant et Jean Michel Guyot), auxquels se sont joints de plus en plus d’agriculteurs et d’entreprises dont l’activité est liée à celle de la production de lait.
-  De l’autre, la Commission européenne fort de son extra - nationalité, les laiteries industrielles (pour l’Ain, BRESSOR de Servas et Grièges)
-  Au milieu, la Chambre d’Agriculture dominée par la FDSEA et le ministère de l’agriculture LEMAITRE qui pour l’une reste sur des positions bloquées et pour l’autre n’envisage rien sauf de ne pas contredire la politique libérale européenne.

L’enjeu pour les producteurs laitiers : vivre de son travail. Les producteurs reconnaissent qu’il y a eu des erreurs commises mais essentiellement par les instances européennes qui ont poussé aux « investissements et à la surproduction (40 millions de litres / an). Rappelons qu’en 2007-2008, les produits laitiers (beurre, yaourt, fromage) avaient été l’objet d’augmentation en raison de la pénurie de la production de lait (Cf. Gessien de 2008).

L’objet de leur inquiétude : En 2008, il a été question d’une dérégulation du marché entraînant à terme la baisse des prix de vente (augmentation de l’offre). Les producteurs revendiquent un prix minimum compris entre 0.35 € et 0.40 € par litre contre 0.26€ à 0.28€ actuellement.

Chronologie du mouvement :

Vendredi 11 septembre : Début de la grève du lait.

Samedi 13 septembre : La chambre d’agriculture rejette les revendications des grévistes. Malgré l’intervention Pierre Mingret (Replonges) et Jacques Evieux (Confédération Paysanne) défenseurs des revendications, le Président de la Chambre, Gilbert Limandas et la FDSEA ont dit non. Pourtant l’APLI et leurs partisans ont fait preuve de bonne volonté, les uns comme Daniel Martin, 1er vice-président défend le principe d’une année blanche pour le remboursement des emprunts (sur le capital) des exploitants. Les autres en profitent pour signaler que la crise ne concerne pas que la filière lait mais également la filière moutons, porcs, céréales, volailles, lait qui serait au bord du gouffre (Michel Joux).

Dimanche 20 septembre : Le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire tente de désamorcer le conflit en promettant le soutien de l’Etat. Il reçoit des syndicats agricoles et propose :
-  la mise en place d’ « accords » entre producteurs et industriels contrôlés par les pouvoirs publics afin de « garantir un revenu stable »
-  une réunion avec les banques, les assurances et la Mutualité sociale Agricole (MSA) pour leur arracher « un geste de solidarité » pour soulager la trésorerie des agriculteurs.

Si la Confédération paysanne se réjouit du principe de contractualisation. Les syndicats demandent des garanties concrètes. Les grévistes de l’APLI ont multipliés les actions. Alternant l’information, notamment sur le marché de Bourget, avec les clients et les élus (Jean François Debat (PS) vice-président du Conseil Général et Xavier Breton (UMP), Député de la Bresse, Nicole Guillermin , conseillère Régionale UMP) et les actions spectaculaires comme le versement de leur production dans la fosse à lisier (15 septembre et 22 septembre) ou distribution gratuite de lait sur les marchés, les producteurs essaient de se faire entendre.

Malgré cela, la réunion tenue le 20 septembre avec Président de la chambre d’agriculture et vice-président de la FNSEA, Gilbert Limandas, président de la FDSEA de l’Ain, Daniel Martin et les grévistes de l’APLI à St André sur Vieux Jonc, Gilles Durand a été un échec.... chacun restant sur leurs positions respectives. Même si les élus mettent en évidence l’incohérence des actions gouvernementales (JF Debat : « l’Etat met de l’argent pour soutenir les filières mais cautionne des prix qui sont une menace pour les producteurs »), la situation est dans une impasse.

Le rang des grévistes s’est étoffé : ralliement de plusieurs producteurs (Daniel Clair de VERSAILLEUX, Nicolas Bouveron de CONDEISSIAT) ainsi que de Daniel Fauvet, président du syndicat agicole, Henri Cormorèche et Xavier Fromont lesdeux leaders de la liste « Autrement » aux dernières élections consulaires, Jacques Evieux de la Confédération Paysanne, Pierre Mingret de la Coordination Rurale et d’autres controleurs laitiers, inséminateurs, responsables de la CUMA.

Les établissements et entreprises subissent la Crise. Les CUMA, coopératives qui investissent pour mettre en commun le matériel agricole et les coopératives d’approvisionnements qui fournissent les agriculteurs subissent des délais de paiement qui s’allongent de 40_50 jours à 90-120 jours. Même constat chez Diffus Agri (SERVAS/ST PAUL).

Roger Cavalléro, chef d’entreprise et président de la Fédération national des artisans ruraux (Fnar) et Vincent Cavalléro chef d’entreprise Robotique Ferm’Equipement, estiment qu’à la mauvaise conjoncture se rajoute les incidences de la grève du Lait. Solidaires des grévistes ils constatent et subissent les difficultés des jeunes producteurs auxquels les banques n’accordent aucun sursis (les jeunes se sont installés sur une base de 320€ /1000l alors qu’elle est estimée par les banques, à court terme, à 190€) Fin septembre la grève a été suspendue car les producteurs de l’APLI craignaient des récupérations politiques d’un mouvement qui se veut uniquement professionnel. Ceci dit, le PCF ne peut rester insensible à cette situation qui est le fait, une fois de plus de la dérive du « libéralisme économique ». Le PCF 01 envisage des rencontres les prochains jours pour prendre en compte les avis de chacune des parties prenantes et confronter ses idées sur un projet d’agriculture garantissant la protection de la nature, un besoin d’une alimentation saine et un revenu décent pour les producteurs. Dernières nouvelles : Les ministres de l’agriculture ont reportés le mardi 6 octobre, à plus tard les mesures nécessaires (il est urgent d’attendre !). Un groupe d’experts (j’ai peur) sera chargé de réfléchir aux moyens d’aider le secteur laitier en crise. Il devra remettre ses travaux avant juin 2010 (comme par hasard juste avant les vacances). Il s’oriente principalement sur la généralisation des accords contractuels en Europe entre producteurs et laiteries industrielles pour fixer les prix. Quant aux aides éventuelles .... rien... car au niveau européen il faudrait diminuer les aides sur un secteur pour les reporter sur celui du lait ou demander des contributions nouvelles pour les états ce qu’ils refuseraient.

L’ACTION CONTINUE


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